Je ne peux pas dire que je me souvienne de At Attin. - SM-33
Après l’entrée difficile de The Acolyte dans l’univers Star Wars, Disney + avait du fil à retordre pour rattraper la mauvaise réception de cette série pourtant tant attendue. Skeleton Crew s’annonçait comme être la série de trop. Pourtant, elle réussit là où The Acolyte avait manqué de peu d’être excellente. En effet, elle propose un scénario accrocheur tout en explorant de façon intéressante une partie du lore inconnu de Star Wars.
Skeleton Crew suit un quatuor d’enfants (Wim, Neel, KB et Fern) qui tentent de retrouver le chemin de leur planète At Attin. Ceux-ci se sont retrouvés projetés dans la galaxie à bord d’un vieux vaisseau spatial trouvé par hasard dans les bois. Accompagnés d’un drôle de droïde, SM-33 (Nick Frost), et d’un homme mystérieux Jod Na Nawood, détenteur de la Force (Jude Law), ils tentent désespérément de retrouver leur foyer.
A noter que cette série se situe dans la même temporalité que le Mandoverse (The Mandalorian, Ahsoja et Boba Fett) au début de la Nouvelle République en l’an 9.
Skeleton Crew est une agréable surprise dans l’univers Star Wars et analysons ensemble celle-ci.
Attention, cet article contient des spoilers !

Star Wars : retour aux sources
La série Skeleton Crew explore un nouveau pan de l’univers Legends de Star Wars. Elle prend le temps de revenir sur le mystère des planètes cachées de l’Empire. At Attin la planète de nos jeunes protagonistes, se présente comme une planète paisible. Avec ses quartiers résidentiels utopiques, semblables aux banlieues américaines, la planète semble pourtant cacher des secrets.
Avec une ambience Stranger Things ou encore à la Spielberg, la série aux inspirations des années 80 est efficace et propose un vent de fraîcheur dans la saga. Celle-ci n’apporte pourtant rien de novateur. Les showrunners Christopher Ford et Jon Watts de Skeleton Crew (aussi à l’origine de la trilogie Spiderman avec Tom Holland chez Marvel Studios) réunissent ici des éléments familiers. Quatre enfants, un vaisseau abandonné, des pirates de l’espace, le tout saupoudré d’un mystérieux trésor. C’est donc par le regard de nos jeunes héros qu’on découvre un univers remplis de dangers et d’aventure.
Skeleton Crew réussit à apporter un brin de nostalgie à tous les fans de la première heure et présente une belle première découverte de Star Wars pour les plus jeunes. Mais derrière ses airs de série bon enfant, Skeleton Crew apporte un approfondissement intéressant du lore.

At Attin, une mystérieuse planète au trésor
Parlons d’abord d’At Attin qui semble au premier abord une planète tout à fait banale. Il y fait bon vivre et pourtant derrière sa façade idyllique se cachent des choses étranges.
At Attin est cachée par la Grande Barrière l’entourant d’une surface gazeuse, infranchissable à la fois pour ses habitants et ceux venus de l’extérieur. S’ils semblent avoir intégré que les Jedi n’existent plus, ses habitants ne les voient pas non plus particulièrement comme des ennemis. Ils ne sont d’ailleurs pas au courant qu’une guerre se tient à l’extérieur de la galaxie et que de nombreuses planètes souffrent des affres de l’Empire.
Chose étonnante, les enfants n’ont jamais aperçu les étoiles. En effet, celles-ci sont cachées par la Grande Barrière. On l’apprend lorsque nos jeunes héros se retrouvent à bord de l’Onyx Cinder et aperçoivent pour la première fois la galaxie au-delà de la barrière.
Que cache At Attin ?
On se rend compte que les enfants possèdent une connaissance très superficielle d’Al Deraan et Coruscant. Des lieux pourtant stratégiques pour la galaxie. C’est en questionnant les pirates sur Port Borgo que les enfants apprennent qu’il s’y cache un trésor dont les enfants n’ont eux-même aucune connaissance.
At Attin est une des reliques de l’Ancienne République et s’avère être une fabrique de monnaie. Connue comme l’un des 9 joyaux de l’ancien régime, la planète reste cachée du reste du monde pour éviter les personnes malintentionnées. Elle a la réputation d’une planète mythique dont personne ne connait l’emplacement, pas même les enfants.
Sur At Attin, chaque citoyen a un rôle bien précis à jouer dans ce qui est appelé le Grand Œuvre. Coupés du reste de la galaxie, ses habitants sont convaincus d’agir pour la République alors que celle-ci s’est effondrée. Ils travaillent donc tous pour le Bureau du Superviseur, vivant auprès de droïdes qui s’occupent de l’enseignement, de la sécurité, du transport…etc. La planète se présente comme sécurisée et égalitaire.

Le mystérieux Jod Na Nawood
Dans cette série, l’antagoniste Jod Na Nawood est joué par Jude Law. On découvre au fur et à mesure que la série avance son identité de pirate dont la tête est mise à prix. Mais sous ses airs au premier abord sympathiques, on rencontre un homme aux aspirations particulièrement pécuniaires.
Or dans le dernier épisode, il révèle avoir grandi dans la misère avant d’être recueilli et élevé par un Jedi. On cerne donc mieux son affinité avec la Force, qu’il utilisera plusieurs fois au cours de la série. La psychologie du personnage repose sur le drame de sa vie qui n’est autre que l’ordre 66. En effet, il voit son maître se faire exécuter avant de retourner à la mendicité. Traumatisé par cette expérience, l’argent devient son moteur.
Jod Na Nawood : un véritable méchant ?
Beaucoup sont restés perplexes face à la réticence de Jod à exécuter les enfants et leurs parents malgré les nombreuses occasions. Simple facilité scénaristique et manichéisme ? Jod Na Nawood est avant tout un pirate et non pas un Sith. Il n’a pas basculé du côté obscur et malgré ses menaces, n’est pas prêt à tuer des innocents dans sa quête. Il souhaite uniquement avoir de l’argent et sortir de la misère dans laquelle il a grandi.
Face au quatuor d’enfants, il ne voit finalement qu’un miroir de lui-même. C’est ce qui le retient d’agir contre eux et donne une certaine cohérence à ses actes. D’ailleurs, il le répète plusieurs fois à propos des habitants lors de l’attaque pour s’emparer d’At Attin : faites en des “travailleurs” mais ne “leur faites pas de mal”. On peut voir à travers sa construction une volonté des réalisateurs de rester dans les codes d’une série familiale, mais cela montre surtout que Jod reste lui aussi un enfant perdu. On y ressent une réelle inspiration du Capitaine Crochet de Peter Pan.

Skeleton Crew : une série familiale avec de grandes valeurs
Sous ses airs des Goonies, on retrouve la volonté des réalisateurs de s’approprier le série pour véhiculer des valeurs importantes. Le sujet de la guerre est un sujet qui va beaucoup marquer les enfants au cours de la série.
Jouer à la guerre c’est drôle, la vivre ne l’est pas. Même si les références à la guerre restent quelque peu en surface et évitent de dévoiler ses aspects les plus choquants, on comprend le message universel qu’ont voulu faire passer les créateurs. Ils nous renvoient à des sujets d’actualités bien actuels.
Skeleton Crew et la notion du bien
Dans l’épisode 4, alors que nos jeunes héros atterrissent sur la planète voisine At Achrann, ils réalisent que celle-ci est en guerre. Ils rencontrent des enfants qui vivent dans la misère et la violence, loin de leur planète paradisiaque.
En se confrontant au monde extérieur, les enfants et plus particulièrement Neel qui porte à lui seul cet épisode, montre que malgré tout, la violence n’est jamais une solution. Par son chara design particulièrement mignon, surpassant presque Grogu par sa personnalité adorable, nous le suivons dans ses valeurs mais aussi ses peurs. Il représente un exemple face à un Wim particulièrement aventureux et égoïste, loin de réaliser les conséquences de ses actes.
La guerre est et restera toujours horrible. Et Neel est le parfait exemple de ce qu’un monde meilleur devrait offrir en mettant en avant la gentillesse, la compassion, l’entraide et la communication. Il maintient le groupe soudé et n’hésite pas à se sacrifier pour aller au secours de ses amis.
Même si son message pourrait paraître manichéen (mais ne l’est pas à mon sens), Skeleton Crew apporte aux enfants et aux adultes de vraies valeurs. Par son aspect moraliste, elle s’adresse aux enfants et les amène au devant des conséquences de leurs choix. Toutefois, ce discours fait énormément de bien dans une ère où les méchants sont trop souvent à tort glamourisés. Tout n’est pas noir, tout n’est pas blanc mais il y a toujours des pointes de lumière, comme le souligne un certain Jod Na Nawood…
🟢 On adore :
- Le développement des quatre enfants
- L’intrigue captivante qui pousse à binge-watcher (on ne s’ennuie jamais)
- Les personnages de SM-33 et de Jod Na Nawood
- Les valeurs et les messages véhiculés
🔴 On aime moins :
- Quelques facilités scénaristiques


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25 mars 2025 at 18h33