Le danger nous tient au creux de sa main, et nous ne sommes que les témoins impuissants de la rotation du monde. Ici nous marchons en équilibre sur le fil qui sépare les avenirs possibles. L’humanité croit toujours qu’elle décide du destin du monde, et avec raison, mais jamais au moment où elle le pense.
Quelle aventure ! Après avoir lu les 6 derniers tomes, réunis dans les Intégrales 2 et 3 chez J’ai Lu, me voilà bouleversée. Cette saga de fantasy mêle émotions intenses et rebondissements dans un univers que j’admire. Terminer Les Aventuriers de la Mer me rend à la fois triste et soulagée. Est-ce la fin ? Que nenni ! Je vais vite me plonger dans la suite de L’Assassin Royal pour satisfaire ma soif d’histoires du Royaume des Anciens. Pour les intéressés, voici un lien pour l’ordre de lecture des romans de cet univers créé par Robin Hobb. Les personnages, les lieux, et le monde, créent un ensemble cohérent et facile à suivre malgré sa densité. La suite et fin des Aventuriers de la Mer de Robin Hobb inscrit définitivement cette saga dans mes incontournables. Il sera difficile de faire taire l’appel de la mer après cette grande plongée fantastique.
L’art d’écrire de bons personnages
La grande force de Robin Hobb réside dans le développement des personnages. C’est brillant! Elle ne dépeint pas seulement une série de portraits, elle les incarne et cela se ressent. Du protagoniste à l’antagoniste, aucun des personnages n’est laissé pour compte. En effet, on les aime, ou on les déteste. Aucun d’entre eux ne nous laisse de marbre. Les personnages sont terriblement réalistes et surtout évoluent dans des directions souvent inattendues. Souvenez-vous lorsque je vous parlais d’une sincère aversion pour Malta dans la première partie… Aujourd’hui, Malta est l’un des mes personnages préférés. Au fil du temps, on la voit grandir, devenir plus mature et s’éloigner de l’enfant pourrie-gâtée qu’elle incarnait au départ. Les personnages féminins sont loin d’être des figurantes et portent le récit, affrontant des problèmes propres à leur sexe et qui résonnent avec notre société contemporaine.
Les personnages masculins ne sont pas en reste. Entre Brashen, Hiémain Vestrit et Kennit, chaque personnage est finalement son plus grand ennemi et doit composer avec un contexte difficile. Robin Hobb réussit particulièrement à parler de la place que les hommes occupent dans cette société et de leurs propres difficultés. On y retrouve aussi l’un des meilleurs antagonistes qui ait été écrit à travers le personnage du capitaine Kennit. La révélation de son passé et ses motivations sont crédibles et non romancées. Chaque personnage est unique et l’on attend au fil des pages, leur rencontre inévitable.

Ambre, le personnage énigmatique des Aventuriers de la Mer
Attention, cette section contient des spoilers !
Parmi les nombreux personnages des Aventuriers de la Mer, l’une d’entre eux vous aura peut-être paru étrange. Cette mystérieuse marchande étrangère dans le désert des Pluies nommée Ambre, possède un étrange don pour la manipulation du bois sorcier. Ce personnage mystérieux est au cœur de l’intrigue. Celle-ci s’avère être précieuse pour Althéa, puisqu’elle l’aide à se travestir et surtout se lie d’amitié avec le navire fou Parangon.
Mais alors d’où vient-elle? Et quel est son rôle dans toute cette histoire?
Ainsi, pour les fans de l’Assassin Royal, il ne vous aura pas échappé qu’Ambre n’est autre que Le Fou. Cette révélation m’a fait tomber de ma chaise et est l’un des plus grands tours de force de cet univers. Il faut dire que le Fou/Ambre est un personnage si complexe et surprenant qu’on ne peut que saluer la prouesse de Robin Hobb dans sa construction. Dans Les Aventuriers de la Mer, le Fou se présente comme une femme, mais aucune réponse claire n’est donnée sur son vrai sexe. Le Fou joue un rôle majeur dans le destin des personnages de cette saga mais aussi dans l’Assassin Royal. Il est donc bien là, le Prophète Blanc. Il voit l’avenir et participe à amener chaque personnage vers son destin. Finalement, sans le Fou/Ambre nombre d’entre eux n’auraient pu poursuivre leur chemin.

Il n’y a pas de hasard, il n’y a que le destin.
Un final à la hauteur d’une grande saga
Jusqu’à la fin, Robin Hobb aura su me captiver par sa plume. Son écriture poétique autour d’un univers si cruel envers ses personnage permet de s’accrocher au destin tragique de chacun. Car comme à son habitude, l’auteure nous bouleverse. Cette saga est intense. On s’y ennuie peu et même les moments les plus simples servent intelligemment l’intrigue. Robin Hobb y aborde des sujets difficiles: les abus, la manipulation, les violences, l’esclavage… Aussi, cette lecture s’adresse à un public averti. Dans cette saga de fantasy, la réalité est brute mais ô combien passionnante.
Par ailleurs, l’auteure est étonnament douée pour donner vie aux créatures magiques. Comment pourrait penser un dragon? Voilà un exercice difficile. Au contraire de Game of Thrones, les dragons ne sont pas des jouets destinés à satisfaire les desseins humains. Ils possèdent leur propre personnalité et leur propre but. L’humain n’est rien face à ces créatures. Les serpents de mer quant à eux poursuivent un but mystérieux et les vivenefs, ces bateaux doués de vie se distinguent par leur personnalité haute en couleurs.
Enfin, on peut aussi voir s’étendre le Royaume des Anciens. Les cultures qui y sont présentes sont riches et fascinantes, notamment l’énigmatique peuple du Désert des Pluies. Par ailleurs, la politique y est complexe mais on comprend aisément les enjeux grâce à la fluidité du récit. La Cité nous intrigue par ses mystères. On a la sensation d’y découvrir une Atlantide perdue. La mythologie et les légendes que Robin Hobb construit dans cette saga sont époustouflantes. Bien qu’elle se suffise à elle-même, cette série soulève de nombreuses questions sur le Royaume des Anciens et les Dragons.
Pour ma part je n’ai qu’une hâte, poursuivre l’aventure dans la suite de l’Assassin Royal et sa saga la Cité des Anciens.


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