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Science-Fiction

Le Mur Invisible de Marlen Haushofer

Aimer et prendre soin d’un être est une tâche très pénible et beaucoup plus difficile que tuer ou détruire.

Le Mur Invisible ne vous dit rien ? Et pourtant, ce roman publié en 1992 par l’auteure Marlen Haushofer est l’un des chefs d’oeuvre les plus méconnus de la science-fiction. Si son résumé n’appelle en rien aux vaisseaux spatiaux et aux aliens, il n’en reste pas moins un ovni dans la littérature dite « blanche » et relève plutôt du genre post-apocalyptique. Ne vous attendez pas à des scènes fortes en action, ni à des scènes de survie de l’extrême, on a ici une réflexion sur l’être humain et la solitude. Que feriez-vous si demain un mur invisible se dressait autour de vous et que vous étiez coupés du monde ? Dans ce journal de bord, une femme ordinaire, se voit retranchée dans une forêt autrichienne. Elle se retrouve séparée du reste du monde par un mur invisible au-delà duquel toute vie semble s’être pétrifiée. Survient alors une lutte pour survivre avec pour seule compagnie, quelques animaux.

Le Mur Invisible de Marlen Haushofer

Seule face au monde

Parmi l’une des peurs les plus humaines qui soit, survient la solitude. Pas la solitude volontaire, celle où l’on se retire pour se recentrer… Non, la solitude imposée. Celle où aucun autre être humain ne semble avoir survécu à une étrange catastrophe. L’héroïne du roman d’Haushofer est une femme ordinaire qui se rend en vacances chez des amis au coeur de la forêt alpine. Un matin, ceux-ci se rendent en ville. Mais ils ne reviennent plus jamais et autour du chalet où elle loge, un grand mur invisible et inexpliquable la coupe définitivement du monde. Et comment dire qu’à partir de là, il ne se passe plus rien ? Car oui, dans ce roman, ne vous attendez pas à de grandes péripéties. On suit plutôt le quotidien d’une femme qui n’a d’autre choix que d’utiliser ses propres ressources pour survivre.

Apprendre à cultiver la terre, à s’occuper d’animaux, il ne lui reste plus aucun autre but que de survivre seule. D’ailleurs, aucune occupation ne lui est offerte. Pas de livres à foison, pas de musique, pas de télé, rien… Seule la nature et les animaux deviennent ses seules occupations.

Ce qui lui donne la force de continuer, ce sont son chien Lynx, les chats, la vache… Des êtres qui dépendent d’elle pour subsister. A travers ses yeux, ses réflexions, nous voyons les jours défiler lentement, les années… Et pourtant le livre m’a tenu accrochée du début à la fin. Il n’y a rien de surprenant, on assiste juste à un quotidien dénué de péripéties, et pourtant une crainte s’installe. Celle de se perdre au milieu de ce grand vide qu’est devenu le monde.

Que nous reste-t-il quand il ne reste plus rien ? La vie à son état le plus brut. Un monde effrayant et à la fois empli de merveilles. Tel Robinson, l’héroïne poursuit sa vie en se confrontant aux peurs les plus primaires : la maladie, la faim, le froid…

Image extraite du film Le Mur Invisible adapté par Julian Pölsler
Image extraite du film Le Mur Invisible adapté par Julian Pölsler

Une fable écoféministe

L’écologie : voici là une thématique importante du récit. Loin d’être moralisateur, on assiste surtout à l’impuissance de l’héroïne qui n’a d’autre choix que de se tourner vers des occupations primaires pour survivre. Le Mur invisible se présente comme une fable écologiste poignante et questionne notre rapport à la nature, aux animaux et surtout aux autres êtres humains.

On y suit une héroïne qui abandonne peu à peu les habitudes modernes, revenant à un niveau de vie primitif. Si la rupture avec le monde est difficile, elle y trouve une sorte de bonheur sauvage. Loin d’une vision idéalisée, on perçoit aussi les difficultés que la nature nous donne, telles que les maladies, la souffrance physique et la survie.

L’héroïne sans nom, se retrouve isolée du monde, coupée des structures sociales qui définissaient son existence. Face à la nature, elle doit développer son autonomie, apprendre à survivre et se libérer des attentes liées à son genre. Son évolution met en lumière une capacité de résilience et une force intérieure que la société patriarcale tendait à ignorer.

Le roman critique également l’oppression subtile exercée sur les femmes dans le cadre domestique et social. Avant son isolement, l’héroïne vivait dans un monde où elle était définie par ses relations avec les autres : épouse, mère… En devenant la seule maîtresse de son destin, elle échappe à ces cadres imposés. Par ailleurs, plus le temps passe, plus son genre se confond car on ne retrouve chez elle qu’un corps sans formes, amaigri dont on ne saurait distinguer le véritable sexe.

Le Mur invisible questionne la notion de solitude et d’indépendance féminine. Si l’héroïne trouve une forme de liberté dans son isolement, elle est aussi confrontée à l’absence totale de reconnaissance et de transmission. Cette ambiguïté entre émancipation et enfermement en fait une œuvre riche et qui porte à réflexion.

Manue Moon
Author: Manue Moon

2 Comments

  • Rosetta
    18 décembre 2025 at 12h43

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