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Univers Star Wars

Andor : la meilleure série Star Wars jamais écrite ?

Aujourd'hui je suis morte. Et je rêve de vous inspirer à mon tour. Non pas parce que je veux qu'on m'admire même qu'on se souvienne de moi... mais parce que je veux que vous puissiez continuer.

Et si Andor était la meilleure série Star Wars jamais écrite ? Disney n’a cessé d’enchaîner les productions ces dernières années avec plus ou moins de succès. Mais en 2022, Andor a réussi à s’inscrire dans le panthéon des meilleures séries. Nul besoin de sabre laser ou de Jedi, Andor s’est imposée comme l’un des récits les plus matures et audacieux de la saga. A travers une mise en scène soignée et réaliste, la série n’offre pas qu’un simple spin-off, mais une révolution dans la rébellion. 

La naissance de la Rébellion

Alors que la saison 2 d’Andor se profile, revenons sur la 1ère saison de la série. Sur douze épisodes, Andor dépeint avec brio la genèse de la Rébellion et la terrible réalité derrière le contrôle de l’Empire. Contrairement à d’autres productions Star Wars, Andor s’affranchit des codes traditionnels et délaisse complètement le fan service pour livrer un récit réaliste, ancré dans une galaxie en proie à la terreur.

L’une des grandes forces d’Andor réside dans son réalisme brut. Contrairement à d’autres productions Star Wars telles que The Mandalorian, Andor a très peu utilisé la technologie Volume. En effet, la série privilégie des décors réels et des prises de vue en extérieur offrant un résultat final saisissant de réalisme.

La mise en scène n’est d’ailleurs pas sans rappeler le régime du Troisième Reich dont s’est inspiré grandement George Lucas pour créer l’Empire. On y retrouve les codes de la dictature : surveillance, ordre, terreur, restriction des libertés… Les créateurs de la série dont Tony Gilroy, à la tête de l’excellent Rogue One, proposent une production d’exception. On y présente des personnages gris, qui loin d’embrasser pleinement la Rébellion, subissent les affres de l’Empire.

Des personnages finement travaillés

Mon Mothma, jouée par Genevieve O’Reilly, incarne la position difficile d’une politicienne sous un régime de contrôle. Mais au delà des acteurs politiques, on assiste surtout à la lutte de simples citoyens, incarnés par l’excellent Diego Luna dans le rôle de Cassian ou encore l’époustouflante Fiona Shaw dans le rôle de Maarva Andor.

Du côté ode l’Empire, Dedra Meero (Denise Gough) est la parfaite antagoniste : froide, glaçante et mue par des valeurs narcissiques. Sa dévotion au régime de Palpatine frôle le fanatisme et démontre que le mal peut avoir n’importe quel visage. Mais Andor est tout en nuances. Car si Luthen Rael (Stellan Skarsgård) est un acteur charismatique de la rébellion, ses méthodes sont tout autant contestables.

Dans cette série, pas de Jedi ou de recours à la Force : la Rébellion est celle du peuple. Il n’y a pas de héros, juste des êtres qui tentent de survivre à la terrible réalité de l’Empire. A travers une narration certes lente mais poignante, Star Wars se présente sous son meilleur jour.

Mon Mothma, politicienne dans Andor
Mon Mothma, la politicienne appartenant à l'aristocratie reflète par ses tenues son rôle complexe dans la Rébellion

Les secrets derrière les tenues d’Andor

La série brille aussi par ses détails. Andor propose une représentation réussie et symbolique des différentes classes sociales de la galaxie.

Les tenues chandrilanes de Mon Mothma respirent le luxe de l’aristocratie. Souvent vêtue d’habits d’un blanc épuré, bleu marial ou doré, Mon doit montrer patte blanche devant tous. Même devant son propre compagnon. Elle se doit de sauver les apparences pour ne pas éveiller les soupçons de l’Empire et son soutien à la Rébellion.

D’autre part, les uniformes du Bureau de la Sécurité Impériale reflètent la rigueur bureaucratique et la dissolution d’une identité propre à travers un système autoritaire. Ce système écrase l’individualité au profit d’un collectif uniforme et n’ayant qu’un seul but : servir l’Empire. Les couleurs dominantes sont le blanc tirant vers le gris et le noir, donnant un aspect excessivement austère aux partisans de l’Empire.

La Corporation Preox Morlana qui travaille pour l’Empire est représentée par le personnage ambitieux Syril Karn (Kyle Soller). Celui-ci porte l’uniforme comme tous ses autres compagnons. A la différence, que celui-ci le réajuste pour le rendre plus coupant dans ses finitions, montrant son obsession de se fondre dans la rigidité de l’Empire.

Andor - Dedra Meero et les death trooper de l'Empire
Dedra Meero et les death trooper de l'Empire, un aspect brutal et évoquant les régimes autoritaires

Cependant, chez les simples citoyens on peut noter que les couleurs rouge brique, jaune moutarde, vert olive et marron sont les plus fréquentes. Malgré leur diversité, celles-ci forment une unité. Le mélange des couleurs symbolise la communauté des ouvriers où réside Cassian Andor et contraste avec les couleurs froides de l’Empire. Sur Ferrix, chacun est habillé dans un but pratique.

Cassian Andor, le protagoniste porte quant à lui des couleurs sombres : noir, marron chaud, bleu foncé. Celles-ci le rendent discret et lui permettent de se fondre parmi autrui. En effet, Cassian  refuse d’être mis en avant. Les créateurs de la série nous éloignent de la thématique de l’élu arborée par les films de George Lucas.

Ferrix, Andor
La parade des habitants de Ferrix, planète d'adoption de Cassian Andor

Un excellent thriller d’espionnage

Plus qu’une simple série Star Wars, Andor est un drame politique / thriller d’espionnage et s’assume en tant que tels. Entre résistance et intrigues politiques, les coulisses de la rébellion sont au cœur de cette série. La série explore avec finesse les mécanismes de l’oppression menée par l’Empire et on suit les combats quotidien des simples citoyens, sans artifices. Andor s’affranchit du mythe de la simple dualité entre bien et mal et propose un personnage gris, parfaitement écrit en la personne de Cassian. La Rébellion elle-même commet des actes de trahison, de manipulation et des meurtres afin de s’en sortir.

La série est loin de glorifier la violence. Les combats sont nerveux, sans chorégraphies stylisées et ne pardonnent pas. Chaque mission a un prix, accentuant le sentiment de vulnérabilité des personnages.

Cette approche particulièrement nuancée rend Andor criante de vérité. Son personnage et celui des autres citoyens sont poignants. Ils tentent tant bien que mal de survivre face à l’adversité, quitte à parfois eux aussi faire du mal à des innocents. Dès l’enfance, Cassian vogue de tragédie en tragédie. Et la série ne nous lésine pas sur les souffrances de Cassian malgré qu’on sache déjà qu’il meurt à la fin de Rogue One. Il se retrouve embourbé dans un combat qui n’est pas le sien, mais qui le devient par la force des choses. Il s’en sort toujours… Du moins jusqu’à sa fin inévitable sur Scarif, rendant sa mort d’autant plus tragique.

Mais pour les plus impatients… Profitez (à nouveau) de la bande annonce de la saison 2.

Andor - Saison 2 - Trailer Officiel

Manue Moon
Author: Manue Moon

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