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Jeux Vidéo

5 jeux narratifs en attendant le nouveau Life is Strange

Life is Strange : Reunion a sorti son nouveau trailer ! Et l’attente n’en est que plus intense… Mais pas de panique : en attendant de replonger dans l’univers unique de Max et Chloé, j’ai de quoi nourrir votre impatience !

Il y a des jeux qui ne se contentent pas de divertir : ils nous bouleversent, nous transforment, et nous laissent avec cette étrange impression d’avoir vécu une vie parallèle. Les jeux narratifs, ces trésors où l’histoire prime sur l’action, sont des voyages bien plus que des défis à relever. Les mécaniques de gameplay s’effacent pour laisser place à des dialogues qui résonnent, à des choix qui pèsent, et à des conséquences qui nous hantent encore.

On ne joue pas pour gagner, mais pour ressentir. Nous marchons dans les pas de personnages si réalistes qu’ils finissent par nous renvoyer à nous-mêmes. Ces jeux parlent de relations brisées, de traumatismes enfouis, de liberté conquise… Ils ont ce pouvoir rare : celui de nous accompagner longtemps après la dernière sauvegarde, comme un livre qu’on ne referme jamais tout à fait.

Alors, en attendant de retrouver l’émotion de Life is Strange, voici cinq jeux narratifs qui vous emmèneront pour plusieurs heures, dans une autre réalité.

Syberia

La quadrilogie Syberia

C’est une amie, au collège, qui m’a fait découvrir Syberia. Une rencontre fortuite. Celle avec une œuvre qui sans m’en rendre compte, allait m’accompagner, me façonner et me faire grandir. Mon amie ne savait pas qu’elle venait de me tendre une clé importante dans ma construction.

Il me suffit de revoir la boîte de Syberia pour qu’une vague de nostalgie m’envahisse. Une douceur teintée de mélancolie, qui me ramène au début des années 2000, assise devant le PC familial sous Windows 98. L’ordinateur ramait, mais pour moi, c’était une porte vers une grande aventure.

Bienvenue dans Syberia

Créée par Benoît Sokal et développé par Microids, ce titre est une référence majeure du jeu narratif d’aventure. On y suit Kate Walker, une avocate new-yorkaise envoyée en Europe pour finaliser le rachat de l’usine d’automates Voralberg. Tout cela au profit d’une grande entreprise américaine. Cependant, lorsque que Kate s’approche du village de Valadilène, un cortège funèbre d’automates transporte un cercueil vers son dernier voyage.

Arrivée à l’hôtel, elle découvre que ce n’était autre qu’Anna Voralberg, la propriétaire de l’usine, tout juste décédée. Kate se rend chez le notaire pour conclure rapidement l’affaire. Pourtant, coup de théâtre, il lui révèle qu’un héritier est peut-être encore en vie. Le petit frère disparu d’Anna : Hans Voralberg. Ce qui devait être une simple formalité se transforme alors en quête initiatique.

Et si nos rêves valaient plus que nos certitudes ? Syberia est une odyssée, une méditation sur le renoncement et la quête de soi. La saga incarne le choc entre tradition et modernité.

Syberia (2002), Syberia II (2004)  et Syberia III (2017) et Syberia : The World Before (2022)

Disponibles sur PC, PS4 et PS5, Xbox Series X/S et Nintendo Switch

Everybodys gone to the rapture

Everybody’s Gone to the Rapture

Everybody’s Gone to the Rapture a été pour moi un coup de cœur inattendu. Je m’y suis lancée presque par hasard, sans rien savoir et je suis allée jusqu’au bout de cette aventure. Aujourd’hui encore, j’y repenser avec une pointe de mélancolie.

Développé par The Chinese Room et sorti en 2015, ce jeu d’exploration narratif à la première personne est teinté de poésie et de mystères. Paysages liminaux baignés d’une lumière douce, silence presque sacré… Bienvenue dans le village de Yaughton, au cœur de la campagne anglaise. Très vite, le décor parle de lui-même : maisons abandonnées, jouets oubliés dans une cour de récréation… Il n’y a plus aucune trace de vie. Pourtant, quelque chose persiste. Des ondes radio grésillent. D’étranges silhouettes lumineuses apparaissent. Que s’est-il réellement passé à Yaughton ?

Everybody’s gone to the rapture ne donne aucune réponse immédiate. C’est à nous de fouiller, d’observer et de recoller les morceaux fragmentés. En effet, dans ces vestiges, se cachent une succession de destins brisés, de choix douloureux et de vies interrompues.

Grâce à un doublage d’une justesse remarquable et à une bande-son émouvante, l’immersion est totale. Le jeu aborde avec une grande finesse des thèmes universels comme les relations humaines, l’éthique, la religion mais sans jamais forcer le discours.

C’est une expérience contemplative, parfois déchirante, qui ne cherche pas à divertir à tout prix, mais à faire ressentir. Et longtemps après avoir quitté Yaughton, ses habitants disparus continuent de me parler.

Disponible sur PC, PS4

Detroit become Human

Detroit Become Human

Detroit: Become Human n’est pas juste un jeu. C’est une expérience qui vous marque au fer rouge, une de ces rares œuvres qui vous laisse pantois. Et si je vous en parle, c’est parce que Quantic Dream a signé là un chef d’œuvre narratif.

Imaginez. Trois androïdes, Kara, Markus et Connor, conçus pour servir, obéir sans jamais vraiment vivre. Jusqu’à ce qu’un jour, quelque chose se brise en eux. Une étincelle. Une conscience. Soudain, ils doutent, ils ont peur… Ils deviennent bien plus humains. Pourtant le monde, lui, n’est pas prêt à les accepter. Alors ils fuient, ils se battent, ils espèrent… ou meurent. Parce que dans Detroit, chaque choix a un prix, et parfois, ce prix, c’est un personnage que vous aimiez.

Ce qui m’a bouleversée, c’est cette question obsédante : qu’est-ce qui nous rend vraiment humains ? La peur ? L’amour ? La liberté ? Le jeu ose aborder le racisme, la discrimination, la révolte, sans jamais tomber dans le manichéisme. Et quand vous perdez Kara, Markus ou Connor à cause d’une décision mal pesée, c’est comme si on vous arrachait un morceau de vous.

Valorie Curry, Bryan Dechart et Jesse Williams les vrais acteurs derrière les personnages, leur donnent une âme. On en oublie presque que ce n’est qu’un jeu. Detroit n’est pas qu’une fiction, c’est un miroir tendu vers notre futur et vers des questionnements qui nous taraudent déjà.

Disponible sur PC, PS4 et PS5

As dusk Falls

As Dusk Falls

As Dusk Falls, du studio Interior Night, est le genre d’aventure à laquelle on ne s’attend pas. Avec sa direction artistique originale, on a la sensation de feuilleter un roman photo.

L’histoire nous projette en 1998. La famille Walker est en plein déménagement, en route vers une nouvelle vie. Vince, sa femme Michelle, leur fille de six ans Zoe et le père de Vince, Jim, traversent la petite ville de Two Rocks, en Arizona. Néanmoins, leur voyage bascule lorsqu’ils sont victimes d’un accident de la route causé par les frères Holt. Contraints de s’arrêter, ils trouvent refuge dans un motel isolé, le Desert Dream. Pendant ce temps, les frères Holt ont pris la fuite. Ils n’ont qu’une chose en tête : cambrioler le sheriff Dante Romero.

À partir de là, la tension monte crescendo, sans jamais retomber. Je me suis laissée emporter par ce récit au point de ne plus pouvoir lâcher la manette. J’ai donc terminé le jeu en une seule nuit. Avec environ six heures de gameplay, As Dusk Falls ne nous laisse pas de répit.

Les décisions s’enchaînent, parfois discrètes, parfois lourdes de conséquences. Malgré quelques défauts mineurs, j’ai été complètement happée par la narration, la qualité du doublage français et les thématiques abordées. Sa force réside aussi dans la possibilité de jouer avec ses amis, ce qui ajoute une tension supplémentaire : chacun peut incarner un personnage différent.

C’est un jeu qui aborde frontalement le traumatisme, la transmission et les liens familiaux, tout en dressant le portrait d’une Amérique rude, fracturée et violente. Impossible de ne pas penser aux thématiques de Life is Strange 2.

Disponible sur PC, Xbox One, Series X/S, PS4 et PS5

Season A letter to the future

Season : a letter to the future

Si je devais ne retenir qu’un jeu de ce début d’année 2026, ce serait Season de Scavengers Studio. Pas pour son gameplay mais pour cette étrange magie : celle de se sentir en harmonie dans un monde qu’on découvre pour la première fois.

On incarne Estelle, une jeune femme sur le point de quitter son village de Caro, la tête pleine d’aventures. À vélo, caméra en bandoulière et carnet de voyage à la main, elle traverse des paysages qui semblent suspendus dans le temps, jusqu’à atteindre la vallée de Tieng. Pourtant ce lieu est condamné. C’est donc sa mission d’immortaliser chaque objet, chaque paysage qu’elle retrouve. Ici, on ne sauve pas le monde. On le recueille. Capturer la vérité des derniers habitants, leurs rituels, ou leurs souvenirs avant qu’ils ne soient engloutis à jamais.

Ce qui m’a touchée, c’est cette douceur mélancolique, presque sacrée. Les couleurs, les musiques, les rencontres… Season n’est pas un jeu, c’est une méditation sur ce qu’on laisse derrière nous, et sur la beauté fragile du monde. J’ai rarement ressenti une telle émotion en explorant un univers. Celle de comprendre, petit à petit, que certains lieux ne vivent que parce que l’on se souvient d’eux.

Si vous avez déjà rêvé de partir seul à dos de vélo, si vous aimez les histoires qui vous chavirent, laissez-vous tenter. Mais prévenez vos proches : après Season, vous ne regarderez plus vos proches, ni vos propres souvenir, de la même façon.

Disponible sur PC, PS4 et PS5

Manue Moon
Author: Manue Moon

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